Understanding Sovereignty in the 21st Century

The end of the XXth century was accompanied by a shifting of our traditional understanding of State's sovereignty. If the idea of 'sovereignty' was consecrated by the Treaty of Westphalia in 1948, it is no wonder that researchers call the XXIst century, the 'post-Westphalian era' (Linklater 1998). This shift is translated not only in the emergence of new, sui generis political entities such as the EU, where sovereignty is 'shared' or 'pooled' (Peterson 1997), but also in transforminginternational practices, such as foreign interventionism – be it called either 'humanitarian intervention' or 'responsibility to protect'.

The aim of this panel is to address a certain number of issues concerning the meaning(s) of sovereignty in the 21st century. Researchers from different disciplines (international law, philosophy, history, political science, IR, European studies) are invited to investigate the fate of this 400-years concept, on the one hand, and practice, on the other hand, in our post-Wstphalian order. What has remained of the traditional concept of 'sovereignty'? How can the various social sciences and humanities make sense of the changes related to this concept? How are the practices related to sovereignty transforming in nowadays international/transnational/post-national politics? How is 'sovereignty' practiced and understood in the EU context?

The working languages of the panel are French and English.

Chair: Ruxandra IVAN

 

FRENCH TRANSLATION:

Comprendre la souveraineté au XXIe siècle

La fin du XXe siècle a été accompagnée par un glissement de la manière traditionnelle dont la souveraineté étatique est comprise. Si l'idée de « souveraineté » a été consacrée par le Traité de Westphalie en 1948, il n'est pas étonnant que les chercheurs ont appelé le XXIe siècle « l'ère post-Westphalienne » (Linklater 1998). Ce glissement se traduit non seulement par l'émergence d'entités politiques nouvelles, sui generis, comme c'est le cas de l'Union européenne, dans lesquelles la souveraineté est « partagée » où « mise en commun » (Peterson 1997), mais aussi par la transformation des pratiques internationales, comme le cas de l'interventionnisme étranger – soit qu'on l'appelle « ingérence humanitaire » ou « responsabilité de protéger ».

L'objectif de ce panel est d'adresser un certain nombre de questions liées au sens que peut être donné à la notion de « souveraineté » au XXIe siècle. Chercheurs provenant de différentes disciplines des sciences sociales et humaines (droit international, philosophie, histoire, science politique, relations internationales, études européennes) sont invités à investiguer le sort contemporain de ce concept et de cette pratique qui dure déjà depuis presque 400 ans. Qu'en reste-t-il du concept traditionnel de « souveraineté »? Comment les différentes sciences sociales et humaines peuvent-elles comprendre les transformations relatives à ce concept? Comment se transforment les pratiques liées à la souveraineté dans la politique internationale/transnationale/post-nationale de nos jours? Comment la souveraineté est-elle pratiquée et comprise au sein de l'UE?

Les langues de travail du panel sont le Français et l'Anglais. 

 

CURRENT SUBMISSIONS (3rd of September)

Une hypostase éthique de la souveraineté à l’âge contemporain

Matei Demetrescu
Faculty of Political Science, University of Bucharest

Prenant comme point de départ le constat de Michel Foucault, selon lequel la souveraineté s’exprime désormais comme pouvoir de « faire vivre et laisser mourir », nous nous proposons d’interroger les liens qui se tendent entre la décision souveraine et la vie-même des êtres humains. Ce faisant, nous partons de la prémisse que « la particularité de la société moderne est de considérer la vie, c’est-à-dire la vie terrestre de l’individu […] comme le plus grand de ses biens » (Arendt). Notre hypothèse stipule que les avatars de la souveraineté se démultiplient : en premier lieu, on peut constater à travers la lecture proposée par Agamben que l’objet de la décision souveraine est la « vie nue », telle qu’elle se configure à l’intérieur des topographies délimitées par l’exception (Ausnahmezustand). D’autre part, à l’appui des débats jalonnant ce qu’on appelle, à l’instar des Procès de Nürnberg et de l’apparition de la quatrième génération de droits, la bio-politique, on peut constater que le sujet politique de la souveraineté a changé d’objet – constitué désormais par la personne. Or, ce concept suggère une qualification théologico-politique de la vie humaine, ce qui entraine deux séries de constats, encadrant notre exposé . Il semblerait, premièrement, qu’une tension éthique sous-tend la valorisation et protection souveraine de la vie. Symptomatique pour l’âge des technologies permettant à l’homme de fabriquer la nature et la vie-même de toutes pièces, cette qualification éthique de la vie par le biais de la décision souveraine renvoie à l’échec du libéralisme politique. Condamné par ses postulats logiques à la neutralité, le libéralisme est incapable de fournir une définition substantielle (et donc nécessairement axiologique) à la vie biologique. Notre propos sera de montrer que cette charge, prenant la forme d’une décision politique, se configure comme hypostase de la souveraineté.

Souveraineté des Etats et protection internationale des droits de l’homme : quel compromis aujourd’hui ?

Hajer GUELDICH
Faculté des sciences juridiques politiques et sociales de Tunis

Si la souveraineté a été pensée pour qualifier et magnifier l’Etat indépendant, autonome, homogène et unique, des réalités nouvelles marquèrent la deuxième moitié du XXe siècle, remettant ainsi en cause la vision, jadis, étroite de l’exercice de la souveraineté. En effet, la formation et le développement de l’Etat souverain ne sont pas faits dans l’ignorance du processus d’universalisation des droits de l’être humain qui a été accéléré après la 2e guerre mondiale avec la création d’organisations universelles et internationales ayant largement contribué à l’adoption de textes et de déclarations universelles en la matière, ainsi que la mise en place de mécanismes de contrôles internationaux et régionaux. Par conséquent, les violations flagrantes et persistantes des droits de la personne sont de moins en moins tolérées aujourd’hui et le droit international évolue vers la contestation de la souveraineté inviolable, en vue de justifier des actions à titre humanitaire. Ces actions peuvent porter le nom d’aide humanitaire, intervention, ingérence ou même responsabilité de protéger. L’important c’est qu’une conception restrictive de la souveraineté nationale laisse place à l’émergence d’une nouvelle norme de droit international selon laquelle la protection de l’individu ne dépend plus de la seule autorité de l’Etat dont il est ressortissant, mais intéresse la communauté internationale toute entière, même en dépit de l’hostilité ou de l’inertie de l’Etat dont il relève, une remise en cause de taille à la question de souveraineté étatique. 

Policies of citizenship in postcommunist Europe

Alexandra Gabriela Ionescu
Romanian Academy, Iasi Branch

 ACKNOWLEDGEMENT: This paper was made within The Knowledge Based Society Project supported by the Sectoral Operational Programme Human Resources Development (SOP HRD), financed from the European Social Fund and by the Romanian Government under the contract number POSDRU 89/1.5/S/56815.  

“Sovereignty” is nowadays part of the vocabulary of IR specialists, historians, or political activists. Too wide for a political science keen on in-depth inquiries on political behaviour and governance, too abstract for social sciences in search for human experience, too methodologically unsecure for a political science attached to axiological neutrality, sovereignty is hardly mobilised by current comparative politics research. The exceptions – as the post-war school of political modernisation – are as rare as famous. Dominated by the functional/agency language, the intra-states universe makes little room for a term strongly attached to institutional forms and practices. However, by virtue of its oxymoronic nature, “sovereignty” remains a political concept at the heart of the democratic matter: it holds the capacity to uncover the tension animating any democratic regime, between the “sovereignty of the people”, democratic legitimacy, and state sovereignty, institutional capacity and efficiency. Those poles are related in various ways, and their commerce coincides with the very "problematique" of contemporary democracy. Their trade is never smooth, but periods of regime change and state reform reveal its predicament. The making up of citizenship in postcommunist Europe provides a consistent body of proof for the struggle for setting up democratic sovereignty, in its both normative depth, social scope and institutional complexity. Democracy is about free elections. But voting is the part of citizenship that requires a considerable institutional infrastructure and a substantial administrative management. Partly inherited from communism, partly imported or invented later on, this institutional infrastructure and this administrative management are the result of policies of citizenship, more or less coherent or innovative across the area. Our inquiry modestly addresses these policies aiming to capture and rationalise their diversity.

Souveraineté et responsabilité de protéger pendand le printemps arabe

Ruxandra Ivan
Romanian Academy, Iasi Branch

 ACKNOWLEDGEMENT: This paper was made within The Knowledge Based Society Project supported by the Sectoral Operational Programme Human Resources Development (SOP HRD), financed from the European Social Fund and by the Romanian Government under the contract number POSDRU 89/1.5/S/56815.  

Pour la première fois dans l'histoire, la décision du Conseil de Sécurité de l'ONU no. 1973/2011 autorise le recours à la force pour la protection de la population civile à l'intérieur d'un État souverain sans le consentement de celui-ci. Il s'agit de la mise en œuvre d'un principe qui s'est développé dans les dernières 10 ans dans la doctrine juridique internationale, à savoir, la responsabilité de protéger. Pourtant, les conséquences théoriques et pratiques de cette décision ne concernent seulement la Libye ou la question de la protection de la vie humaine, mais l'avenir du système international westphalique. Le vrai enjeu du débat sur la responsabilité de protéger est, finalement, la souveraineté étatique. La thèse que nous défendons dans notre intervention est que l'on assiste, dans les deux dernières décennies, à un affaiblissement de plus en plus prononcé de la souveraineté étatique comme norme fondamentale de droit international, qui a en effet comme résultat un affaiblissement du droit international même et de son application uniforme. Nous allons argumenter que l'émergence de la notion de responsabilité de protéger est problématique du point de vue juridique et qu'elle peut être politiquement utilisée à des objectifs qui viennent à l'encontre de la rhétorique développée autour de cette notion. Troisièmement, nous allons montrer que, en l'absence d'une doctrine juridique bien cristallisée sur la responsabilité de protéger, les interprétations données par les États à ce terme ne reflètent qu'une logique profondément politique.

 

Security and Integration in the European Union's eastern neighbourhood

Moga Teodor Lucian
Romanian Academy, Iasi Branch

ACKNOWLEDGEMENT: This paper was made within The Knowledge Based Society Project supported by the Sectoral Operational Programme Human Resources Development (SOP HRD), financed from the European Social Fund and by the Romanian Gove rnment under the contract number POSDRU 89/1.5/S/56815. 

This paper dwells on the security-integration nexus in the European Union (EU)’s neighbourhood. Specifically, my paper aims at investigating the potential of EU to promote regional stability and security in its Eastern vicinity by seeking to include the Eastern Partnership (EaP) states into a network that shares the same European political, economic and socio-cultural values. By creating solid economic ties with the countries included in the EaP, and through a significant transfer of European ideas, standards and norms, the EU could play an influential role in the area consisting of the six-Post Soviet states: Ukraine, Moldova, Belarus, Azerbaijan, Georgia and Armenia. In order to elaborate on these matters, a conceptual structure consisting of a Neo-functionalist (supranational) perspective together with insights from Deutsch’s security communities and the Europeanization process is employed. Hence, having as a background the integration-security paradigm, the broad research question that this paper seeks to answer is the following: is the EU able to promote stability and security in the Eastern neighbourhood by including the EaP states into a network that shares the same European norms, values and follows the EU economic principles? To answer this question my paper should: firstly, establish that the overarching goal of the EU in the region is regional stability; secondly, underline that the diffusion of European normative frameworks are the most efficient instruments at the EU’s disposal to achieve a broader security community and identify the mechanisms through which the process of stabilisation takes place. As such, some models for representing the way in which the EU governance is exported outside its boundaries are being discussed. I also argue that in order to attain a secure environment inside and recently outside its borders, the developments in Europe have pushed the sovereign format to a post-sovereign one (a “post-Westphalian regionalism”) where some of its original traits have been pooled andshared Finally, it will critically assess two of the main factors which undermine the EU’s power of attraction and credibility in the region: the competitive geopolitical relation with Russia and the present economic debacle.

State defence vs Human security – a new way of thinking about sovereignty?

Bogdan Ştefanachi
Romanian Academy, Iasi Branch

 ACKNOWLEDGEMENT: This paper was made within The Knowledge Based Society Project supported by the Sectoral Operational Programme Human Resources Development (SOP HRD), financed from the European Social Fund and by the Romanian Government under the contract number POSDRU 89/1.5/S/56815.  

The globalization process, even more obvious after the end of Cold War, offers the conditions to rethink the traditional way of understanding sovereignty by challenging the central role of the state as (the only) relevant security referent. Moreover, within the new framework of understanding these profound transformations, a broader way of understand security as a different concept than the defense is arising and because of that, the idea of Westphalian way of dealing with sovereignty is put into question. On the other hand, the demilitarization of security doesn’t imply the elimination of traditional strategic concerns but only the supplementation of these with some other that no longer can be solved through the exclusive focus on the state level. The international space, transformed under the pressure of globalization that moves away (at least partially) the state from the epicenter of policy making and implementing, gains consistency to the degree in which an alternative discourse that takes over and develops this transformation constitutes – or, this new narrative is represented by the transformation of the individual into the reference object of security. Thus, the globalization processes create the conditions and shape the necessity to define people – centered security adding normative priority to the impact different policies have on the individual and from such a perspective to have a new comprehension of sovereignty. So, it becomes possible or, in some cases necessary, to translate the security responsibilities from a nation state to some agents or even states in order to implement the principles of security that sovereign states owe to their own citizens. The main aspect this study tries to emphasis is the impact that human security as an approach based on human rights has on the new state architecture. 

La vie posthume de la souveraineté

Codrin Taut
Facultatea de Stiinte Politice, Universitatea Bucuresti

Presque tous les auteurs qui ont essayé de définir le fonctionnement contemporain de la souveraineté se sont mis d’accord qu’il s’agit d’un concept en crise. Le modèle de Jean Bodin ou de Thomas Hobbes, celui d’un pouvoir unique, indivisible et absolu est remplacé aujourd’hui, à l’intérieur de l’État, par une pratique du pluralisme et à son extérieur soit par le dispositif prémoderne de la subsidiarité, soit par celui moderne du fédéralisme ou du cosmopolitisme ou par l’invention spécifiquement postmoderne de l’empire (Hardt et Negri). C’est pour cela que l’impératif théorique de Michel Foucault qui demandait d’abandonner le modèle du Léviathan et d’étudier le pouvoir en dehors du diagramme de la souveraineté est devenu le porte-drapeau et l’idéologie dominante de ce qu’on appelle « Governmental Studies». Notre intervention se traduit dans une investigation critique de ce geste théorique de désactivation de la souveraineté. En nous appuyant sur les débats récents concernant l’évolution du concept (Giorgio Agamben, Wendy Brown, Judith Butler, Roberto Esposito et William Connoly, la thèse qu’on va défendre est que la souveraineté n’est plus le paradigme absolu du pouvoir mais une présence élusive à l’intérieur de la machine de la gouvernementalité. Nous nous proposons de penser à la fois une souveraineté rendue inactive mais qui conserve une efficacité symbolique et une gouvernementalité qui dans son fonctionnement produit des effets de souveraineté. Du point de vue méthodologique notre démarche doit assumer le dépassement de généalogie de la continuité propose par Carl Schmitt et par Giorgio Agamben en direction d’une enquête concernant le régime intermittent de la souveraineté.

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